Carnet de route

7 et 8 juillet 2018. MONT PERDU

Sortie :  Mont Perdu du 07/07/2018

Le 16/07/2018 par CAUBET Marie

J-150 : la sortie est programmée pour les 7 & 8 juillet 2018. Les heureux inscrits reçoivent en février un topo préparé par Yves avec l’itinéraire proposé et le déroulement précis des 2 jours. De quoi déjà en avoir l’eau à la bouche : ça parle canyon du Colorado, troisième sommet des Pyrénées, univers de haute montagne…

J-120 : nous serons 10, la liste des participants nous est communiquée, que des gens bien, cela va sans dire ! Mars est là, il est temps de réserver le refuge de Goriz pour être certain d’avoir de la place.

J-60 : une sortie école de neige avec pour objectif d’apprendre à évoluer sur neige avec crampons et piolet, à se déplacer en cordée et à stopper une chute (la sienne notamment) est organisée. Nous sommes mi-mai, la neige est tombée en abondance. Une neige non glissante qui ne nous permettra pas de faire les exercices prévus. Gilles Pollini et Yves nous donnent moult conseils et consignes mais saurons-nous mettre la théorie en pratique ?

J-9 : fin juin, Yves nous envoie son dernier “bla bla”. Les choses se précisent. Il est question entre autres de paquetage et de l’art de ne pas s’encombrer du superflu. Cela semble évident mais oh combien, ce petit paragraphe sera essentiel. 8 kgs c’est l’objectif à atteindre. Il n’y a qu’à suivre les indications pour y parvenir ou tout du moins ne pas trop s’en éloigner ! Nos dos et épaules nous en seront reconnaissants.

J-2 : ceux qui empruntent du matériel au club viennent faire les réglages de crampons et au passage apprendre à les mettre.

Jour J numéro 1 samedi 7 juillet : Départ à 7h de notre Comminges. Nous sommes 10 au total répartis dans 2 véhicules qui se rejoindront au tunnel de Bielsa. Mireille, Yves, Cathy, Jean-Pierre, Jean, Nadège, Teddy, Nathalie, Marc et Marie composent la fine équipe du week-end. Expérimenté ou débutant, la même motivation et fébrilité animent chacun de nous. On pressent que l’on a rendez-vous avec le beau et le grand ce week-end. Certains ont déjà réalisé l’ascension du Mont Perdu mais qu’importe, chaque aventure est différente et il y a des choses dont on ne se lasse pas. 

Nous nous suivons jusqu’à Torla où nous abandonnons les voitures pour une navette qui nous mènera jusqu’au Pradera de Ordesa 1330 m. Nous arrivons à 11h30 dans le parque Nacional de Ordesa et Monte Perdido qui marque le début de notre périple. Il est d’ailleurs grand temps pour nos jambes de se dégourdir et de prendre le relais. Et ça attaque fort, le canyon que l’on entrevoit se mérite et pour y pénétrer nous choisissons de nous élever via le chemin des Chasseurs jusqu’au Mirador à 1975 m. 1h40 de montée mais déjà le spectacle commence. Les fleurs bornent le sentier. Teddy est tout content d’utiliser sa dernière appli sur son téléphone qui nous donne le nom des espèces à partir d’une photo prise. La jolie avec ces fleurs violettes est une Ramondia des Pyrénés, une espèce endémique ! Oh oui, extra cette appli mais Mireille l’avait dit avant ! Tout au long du week-end, Mireille nous enseignera le nom des fleurs que nous essaierons en bons élèves de retenir et reconnaître, au moins pour quelques-unes.

Nous faisons une halte pique-nique au mirador de Calcilarruego. La vue est imprenable sur le canyon et la Pradera de Ordesa. Nous prenons notre photo de groupe dans ce décor avec le casque du Marboré en arrière-plan avant de repartir sur le chemin en balcon de la faja de Pelay.7 kms pratiquement toujours à plat et sur notre gauche, la vue qui s’ouvre sur le cirque de Gavarnie avec la brèche de Roland, le doigt puis le Taillon. A nos pieds, nous aurions presque pu ne pas nous en apercevoir, une touffe d’Edelweis. Mais le temps s’assombrit et quelques gouttes viennent troubler la fête. Vite, nous sortons K-way et housses de protection pour les sacs. Cathy commence ses incantations auprès de Dame Nature et lui demande de nous épargner et de nous laisser atteindre notre objectif. Car oui, les prévisions meteo annoncent des orages et ces derniers pourraient compromettre notre ascension du lendemain. Souhaitons que Cathy soit bien connectée avec Dame Nature ! Pour l’heure, la pluie cesse rapidement mais la menace reste présente. Nous continuons jusqu’au bout du canyon au Circo de Soaso et suivons le chemin qui grimpe pour nous mener au refuge de Goriz. Nous apercevons quelques marmottes mais la peur de nous mouiller nous fait accélérer le pas pour arriver au refuge au sec vers 18h. Cette première journée, 12,5 kms avec 900 m de dénivelé positif auront été parcourus en 6h.

Le point meteo du soir confirme la possibilité d’orage pour le lendemain avec cependant un créneau favorable jusqu’à 14h. Il serait bon d’être revenu au refuge à cette heure-là. Le petit déjeuner n’étant servi qu’à partir de 6h30, il ne va pas falloir chômer et partir au plus vite en suivant. Les sacs se préparent la veille et les crampons ainsi que la longe doivent être rapidement accessibles. Quelques précisions sont apportées aux non-initiés qui ne maîtrisent pas l’utilisation du matériel. C’est toujours ça de gagné sur le lendemain où chaque minute pourrait avoir son importance. 

Jour J numéro 2 Dimanche 8 juillet : il est entre 7h et 7h30 lorsque le groupe s’élance sur le sentier qui rejoint la paroi rocheuse. Le soleil ne se montre pas mais l’horizon ne semble pas bouché. On y croit et l’on progresse à rythme régulier. Mireille prend Nathalie sous son aile. Un petit passage d’escalade facile nous permet de gravir l’éperon rocheux et de poursuivre à travers les éboulis. Yves annonce la pluie dans notre dos, Cathy se veut rassurante et prévoit un petit grain. Au cas où, elle reprend ses incantations auprès de Dame Nature. Ah non, ce serait dommage d’être arrivés là pour devoir faire demi-tour ! Nous arrivons aux premiers névés et très vite nous chaussons les crampons, rangeons les bâtons pour s’équiper des piolets. Teddy devient sérieux, il faut que ça enchaîne et que l’on ne perde pas de temps à s’équiper. Nous mettrons aussi la longe. Pas évident avec des débutants un peu boulet sur les bords mais ce qui est fait n’est plus à faire. A partir de là, nous ne serons quasiment plus que sur de la neige jusqu’au lac Glacé (2980 m) et il fort possible que cela facilite notre progression car nous n’avons même pas la sensation de franchir des parois normalement équipées de main courante. Nous ne verrons d’ailleurs ces chaînes qu’à la descente, émergeant à peine de la neige. 

L’arrivée au lac sous le soleil (bravo Cathy !) nous laisse apercevoir le couloir qu’il va nous falloir emprunter pour arriver au sommet. C’est le moment de faire le plein d’énergie en grignotant un bout. De leur côté, Yves et Teddy refont un point sur les cordées pensées en amont et revalidées la veille. C’est parti pour l’assaut final. Il y aura 3 cordées : la première avec Teddy, Marc en flèche, Nadège et Marie ; la suivante composée des filles Mireille, Nathalie et Cathy et pour finir Yves, Jean et Jean-Pierre. La première montée est raide mais sans grande difficulté sur une neige molle. Nous y croiserons des Espagnols qui nous exprimeront leurs sensations sur la fin du parcours : muy peligroso, cuidado ! Nous attaquons le couloir où Marc reprendra son souffle, ce qui nous donne l’occasion de nous retourner et d’apercevoir les cordées suivantes déboucher. Mais qu’ils sont beaux sur cette arrête Escupidera avec le cylindre du Marboré en arrière-plan ! Clic clac photo ! Et c’est reparti jusqu’à un replat au pied du dôme sommital du Mont Perdu (3300 m). Quelques minutes suffissent pour parcourir les derniers 55 m restant. Nous nous attendons à prendre des bourrasques, il n’en sera rien, le vent s’est arrêté, le temps est suspendu. A 11h30, nous voilà au sommet qui est large et la vue à 360° est époustouflante ! Le spectacle est grandiose ! Une boîte aux lettres nous invite à laisser une trace de notre passage. C’est Nadège qui dégaine papier et stylo et se charge de graver les prénoms des héros du jour. Les cordées suivantes nous rejoignent, on s’embrasse, on se congratule, on savoure. Nous sommes seuls. D’ailleurs nous ne croiserons pas grand monde sur cette matinée. Mais très vite, la brume nous envahit. Il est temps de redescendre. On s’encorde de nouveau et en avant ! La descente, pourtant appréhendée par certains, sera un jeu d’enfants jusqu’au lac. Merci la neige d’être de si bonne qualité et merci les encadrants d’avoir si bien pensé les cordées et les places de chacun pour ne pas risquer de montées d’adrénaline potentiellement paralysantes. Retour au lac qui nous attend paré de ses plus belles couleurs : du beige, du bleu, du blanc. Dame Nature nous gâte. Nous casserons la croûte un peu en contrebas et à l’abri. Nous savons que la descente risque d’être longue, très longue alors nous prenons le chemin à l’envers jusqu’au refuge que nous atteignons vers 15h. Les affaires laissées dans les casiers sont récupérées, les sacs réagencés par chacun et en avant route ! En jeu, la dernière navette pour rejoindre les voitures à attraper pour 19h. Pour redescendre dans le canyon et pour varier les plaisirs, Teddy choisit de nous faire emprunter les clavijas. Nous désescaladons avec nos gros sacs sur le dos à l’aide des chaînes et pitons mis à disposition. Marc retrouve avec joie les sensations de l’escalade. Cela nous mène jusqu’à la cascade Cola de Caballo (1763 m). 

Le retour se fera par la vallée d’Ordesa sur un sentier pavé sur le départ et cheminant entre ces falaises vertigineuses le long du rio Arazas qui dévale en de splendides cascades. Il nous faudra bien 2h30 à 3h pour rejoindre la pradera de Ordesa. Autant dire que ce trajet de 9,6 kms, même si de toute beauté, est interminable et que la cerveza prise à l’arrivée et à l’heure de l’apéro (19h) aura une saveur incomparable. Vérification faite, la dernière navette étant à 22h, il n’y a pas de raison de faire l’impasse sur ce petit plaisir oh combien mérité.

Cette seconde et dernière journée, c’est 19,5 kms qui auront été avalés avec 1200 m de dénivelé positif et 2200 m de dénivelé négatif.

Le mot de La FIN, car il faut bien clôturer ce récit déjà bien long est MERCI. Merci de nous emmener vers de telles aventures et de nous y accompagner avec tant de patience et de professionnalisme. Quand je serai grande, je veux être comme Mireille, Cathy, Yves, Jean et Jean-Pierre ! Nadège et Teddy, je n’en parle même pas, ils sont hors normes.

Photothèque de la sortie : https://photos.app.goo.gl/PvSp1iDGgDPmdyjs7

Photothèques du club : https://plus.google.com/u/2/collection/UYswcB

 







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